La RDC n’a jamais eu l’opportunité de vivre une bonne gouvernance. De l’État Indépendant du Congo à la quatrième (cinquième ?) République Démocratique du Congo actuelle, en passant par le Congo Belge et le Zaïre, la tradition gouvernementale est celle de la tyrannie prédatrice.
Elle a été coloniale, liée aux atrocités inhumaines du pouvoir économique du Roi Léopold II. Elle s’est muée en un mini-apartheid avec la colonisation officielle de la Belgique.
Aux premières heures de l’indépendance, elle a été relayée par les contradictions des apprentis politiciens essayistes congolais bien piégés, instrumentalisés et "marionnettés" par les néocolonialistes occidentaux.
La prédation s’est encore renforcée par la longue dictature mprienne qui n’avait pas vraiment de grands projets réalistes d’État sinon la soif voire la passion du pouvoir pour le pouvoir et la gloire sous forme de culte de personnalité avec une pseudodivinisation du monarche.
Elle a continué même pendant les bonnes tentatives hélas ! Échouées de la renaissance du nationalisme Rdcongolais afdélien, à cause des confusions entre le hasard et l’impulsivité de la vie maquisarde et les rigoureuses normes structurelles de fonctionnement d’un État classique moderne ignorées et pas scolairement ni académiquement apprises.
Elle s’est intensifiée lors du grand pillage économique pprdo-fccien des ressources minières et forestières du pays que continuent, à leur manière (au vu et au su de tous), les dirigeants actuels, déjà tombés dans le piège de l’enrichissement facile-rapide-égoïste ; à l’opposé de bons idéaux et slogans communautaristes qu’ils ont longtemps scandés lors des marches de protestation et de résistance d’autrefois.
Tout le parcours révèle que le bien commun ou l’intérêt national général a été le plus grand oublié des tunnels et couloirs du pouvoir. Les conséquences en sont plus que graves, dont la perte de la souveraineté nationale, la quasi vente du pays aux étrangers (communauté internationale, Monusco, firmes multinationales, Chinois, Libanais, Indiens, pays africains voisins pillards, mercenaires et bandits nationauxtraîtres commandés par des politiciens ) et la misère plus que grandissante de la population locale.
Une recherche causale a déjà poussé maints analyses de la situation à placer l’amateurisme versant incompétence des dirigeants Congolais (de 1960 à nos jours) en bonne posture à côté de l’égoïsme et de la mauvaise foi tant de ces gouvernants locaux que des structures et organisations internationales et étrangères.
Plus d’une fois, des voix se sont levées pour décrier la piètre qualité de la classe politique congolaise, incapable d’assumer les tâches régaliennes de l’État, protéger le territoire national et ses richesses tout en assurant le bien-être de toutes ses populations.
Ce cri qui a longtemps duré déjà, aussi vieux que l’âge de la souveraineté nationale, rend urgent le besoin de former une nouvelle classe politique dotée des bons réflexes classiques qui ont fait et font encore défaut jusque-là dans le chef et les agissements de la majorité des gouvernants toutes tendances confondues.
Apparemment, les diverses filières universitaires des sciences politico-administratives du pays, qui auraient pu aider dans ce sens, restent piégées par leur tendance plutôt sociologique-descriptive-positive mais peu critique et éthique voire parfois immorale ; habitée par une volonté de performance dans la conquête et la conservation le plus durablement possible du pouvoir, plutôt que dans son exercice déontologique voire idéaliste ou simplement vertueuse.
L’école de la Bonne gouvernance, dans un double versant idéaliste surtout philosophique mais aussi théologique, veut plutôt former des politiciens qui, d’un côté, maîtrisent les règles de fonctionnement d’une société politiquement organisée, d’un État moderne ; en scrutant les buts ou les fins premier(ère)s et/ou ultimes de ces structures.
De l’autre côté, elle trace également les profils déontologiques de ses animateurs. Elle accorde pour cela une bonne place à leur préparation intérieure donc complète de personnes vertueuses destinées à ces tâches, pour diminuer le mauvais impact des nombreux improvisés ou opportunistes qui ont géré et continuent à "mégérer" l’État.
Plus concrètement, une telle formation de niveau supérieur commence par des enseignements méthodologiques, afin non seulement d’outiller les participants (probablement avertis) en matière de recherche scientifique, mais surtout d’uniformiser les pratiques des uns et des autres en ce secteur ou la multiplicité et la complexité sont comme inévitables.
Il sera question de préciser les étapes de recherche et les normes de présentation des travaux scientifiques dans notre institution. On se concentrera également sur les techniques et les étapes de la pratique de l’enquête socioanthropologique.
Car, il convient d’initier ou d’attirer l’attention de tous en la matière afin, de nouveau, d’uniformiser la pratique ou les démarches.
Par la suite, la formation se focalisera sur les textes fondateurs de la vie humaine. Un deuxième module peindra la nature et le fonctionnement tant de la personne humaine que de la société et du pouvoir selon le Saint Vouloir de Dieu, Etre
Absolu, Origine et Régulateur de tout.
La Bible sera une source de prédilection. Dans le même sens, une connaissance de l’Église, cette société qui bénéficie de la double nature divine et humaine, apportera des lumières utiles.
La doctrine sociale de l’Église permettra aux initiés de saisir comment et pourquoi assurer le bien-être ou le bonheur de tous suivant une justice pas seulement naturelle mais également bien surnaturelle. Un effort de théologie politique pourra alors prendre place pour rappeler le sens et la finalité surnaturelle du pouvoir politique.
Le troisième module sera consacré au parcours des différentes traditions d’exercices du pouvoir politique, sous le mode critique et idéaliste suivant lequel l’ont exploité les philosophes. Quatre moments seront approfondis. La philosophie politique antique sous les maîtres Platon (428-347 av. J.-C.) et Aristote (384-322 av. J.C.) dont les œuvres portent bien les soucis des synthèses critiques entre les systèmes de gouvernements politiques d’autrefois.
Le deuxième moment sera celui de la fondation de l’État moderne, avec les philosophes politiques modernes : Thomas Hobbes (1588-1679), John Locke (1632-1704), Montesquieu (1689-1755), Jean Jacques Rousseau (1712-1778), etc. On exploitera la gestion ou le dépassement de l’état de nature par l’État de droit via le contrat social. L’option est celle d’une philosophie politique de type socialiste, mieux communautariste.
On n’oubliera pas, en troisième lieu, certains philosophes politiques contemporains comme Eric Weil (1904-1977), Annah Arendt (1906-1975) et Julien Freund (1921-1993). Ils ont proposé des normes pour gérer les excès des gouvernants.
Finalement, puisque la politique voulue est équitable et sensible à l’économie (science de la production et la distribution rationnelle des biens et services pour satisfaire les besoins des individus et des communautés humaines), certaines philosophies de la justice (économique) seront également exploitées. On fera allusion à John Stuart Mill (1806-1873), John Rawls (19212002) et Amartia Sen (1933-...).
Un quatrième module, surtout caractérisé par l’analyse sociale et l’enquête sur terrain, fera l’état de lieu de la pratique politique RDCongolaise pour identifier les problèmes les plus épineux afin de leur opposer les solutions les plus pertinentes, fondamentales et performantes voire urgentes.
L’analyse s’intéressera également à la question de la justice distributive. Car, sans verser dans une politique des querelles du pouvoir, il s’agira d’aller vers une politique économique où le pouvoir est exercé afin d’aider les nationaux, d’abord, puis ceux qui auront choisi la RDC comme deuxième patrie, à bien vivre.
On recherchera les mécanismes à mettre en branle pour que les ressources du pays soient profitables à tous. On trouvera également comment faire pour décourager les politiciens à se transformer en prédateurs locaux de leurs populations, concitoyens, frères et sœurs. Un grand regard sera jeté vers la politique salariale et d’autres aspects de la politique sociale : Assurance, santé, etc.
Tout en visant une nouvelle classe politique, l’école restera ouverte et devra compter sur les politiciens qui veulent comprendre davantage les tâches qui leur incombent et acquérir un esprit nouveau et se convertir en bons politiciens.
La première-cible devra être les politiciens actifs catholiques, évoluant déjà dans une structure bien identifiée. Ceux de bonne volonté et épris d’un esprit d’humilité peuvent aussi s’y joindre. Mais on devra vraiment veiller à ce que les mauvais réflexes querelleurs et disputeurs de la scène politique déjà polluée ne puissent pas investir les auditoires de l’école.
Le choix des animateurs des différents modules et des méthodes à utiliser sera donc bien surveillé.

